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 very bad trip - lundi 19 mars, 09h45

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Syssoï
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MessageSujet: very bad trip - lundi 19 mars, 09h45   very bad trip - lundi 19 mars, 09h45 EmptyMer 21 Mar - 14:49

CONNOR

La terre tremble, séisme dans mon crâne et mon corps, tsunami dans mes tripes, j’ai comme un relent de 21 décembre 2012 sur la langue. Bordel, je vais crever. Je n’ouvre pas un œil, je refuse d’ouvrir un œil de peur de me faire agresser par le monde extérieur qui sera obligatoirement trop coloré, trop bruyant, trop puant. Mais la marée monte, la tempête à l’horizon se rapproche, ça explose dans ma tête, même la respiration de Gaby explose dans ma tête, chaque inspiration est un réacteur d’avion qui s’allume, et chaque expiration est une explosion atomique sur ma peau. Ça ne se contente pas de la pigmenter, ça l’embrase façon champignon nucléaire. Je suis brûlé au huitième degré sur tout le corps, je suis probablement radioactif aussi, tout ça à cause de la respiration de Gaby qui, imitation parfaite d’un cachalot échoué sur une plage bretonne post Erica, gît contre moi. J’ouvre un œil. Rien que la vision de cette nuée rousse qui s’étale en étoile me donne le sentiment que ma rétine prend feu. A moins que ce ne soit mon être entier qui prenne feu ? Je l’écarte, sans ménagement, avec une grimace au visage qui se porte garant de toute la souffrance qui m’oppresse. Nouvelle question : Vomir ? Ou pas vomir ? Pas vomir. Je me lève. Non, je m’extirpe du lit. A vrai dire, j’ai quasiment l’impression de m’arracher de la matrice originelle, comme la toute première fois, dans les cris et les pleures. Enfin les cris et les pleures de mon corps, hein, parce que moi, je ne pleure pas. Pas encore. Ça ne saurait tarder vu les tambours du Bronx sous mon crâne. Lunette de soleil sur le bout du pif, je plaque une paume contre ma tempe, que j’enfonce, enfonce, tandis que je laisse courir l’autre main contre le mur, afin de trouver ma route les yeux fermés, et aussi pour garder un semblant d’équilibre tandis que le sol s’obstine à ne pas rester sous mes pieds. Je constate que je suis à moitié à poil lorsque je me prends un mur de plein fouet et que son contact sur la peau nue de mon torse fait froid. J’arrive à la cuisine en mode radar, et passe directement en mode survie. Un verre, une bouteille de jack, quatre efferalgan effervescents. Je suis entrain de touiller la mixture du bout de l’index, lorsque mon homologue grognant fait son apparition à ma suite, j’ai l’impression de vivre un flashback de ma propre arrivée, mais depuis l’extérieur de mon corps. Putain, c’est flippant. Je grogne, il grogne, je m’écrase la tête contre la table, et j’attends la mort. « Putain, j’ai l’impression que mes cheveux poussent à l’intérieur de mon crâne… » Mon grommellement retranscrit assez bien la sensation de tiraillement de ma boîte crânienne, la bouche tordue, la joue encastrée dans la table, je crois que j’ai juste envie de mourir, en fait.
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Connor
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MessageSujet: Re: very bad trip - lundi 19 mars, 09h45   very bad trip - lundi 19 mars, 09h45 EmptyJeu 22 Mar - 3:40

De la musique, c'est quoi cette putain de musique qui résonne ? Aïe. Ca fait mal, que quelqu'un éteigne ce truc. J'essaye d'en chercher le point d'origine en ouvrant les yeux, sauf que j'peux pas. Mes paupières sont lourdes et j'ai l'impression de m'être endormi sur un bateau, non une petite barque perdu sur la mer et dont la houle menacerait de me jeter à l'eau. J'vais vomir je le sens. Non j'peux pas vomir parce que j'suis sur le ventre et que je risquerais de mourir noyé. Je grogne. Totalement impuissant, et ce même grognement me donne envie de rentrer mes doigts à l'intérieur de ma boîte crânienne pour cesser la douleur. J'arrive à ramper hors du lit, difficilement, si bien que je me retrouve la face contre le sol. J'aurais presque envie de rester là. Le parquet est si froid que s'en est agréable. Sauf que j'dois voir Esther dans un peu plus d'une heure. Je soupire, les yeux toujours clos. Je dois avoir l'air tellement con à chercher mes lunettes à tâtons. Alléluia. Je lève la masse morte qui me sert de corps et entreprends de me traîner vers la sortie. Le sol chancelle ou je rêve ? J'vais tomber. Putain j'vais finir par me casser la gueule. Cuisine, salle de bain, cuisine, salle de bain ? Cuisine. Je longe le mur, mon seul point d'encrage, me mangeant mes poignées de portes dans les côtes. Aïe. Je soupire. Avant de me demander si je ne suis pas nu au moins. Je laisse glisser ma main contre mon torse nu, elle bute dans ce qui pourrait s'apparenter à l’élastique de mon caleçon. Ouf, bien que j'suis pas sûr d'avoir refait le chemin inverse dans l'autre cas. Les escaliers ou la torture de toute personne incapable d'aligner un pas devant l'autre. J'en suis à me demander si je ne devrais pas descendre à la manière de Franckie, soit sur le cul. Sauf que j'pense au secousses que ça peut engendrer et je renonce. Mon estomac est au bord du rejet, j'peux pas lui infliger pareille torture. J'entre dans la cuisine pour avaler le tube d'aspirer lorsque je croise le regard - ou plutôt les lunettes de soleil de Syssoï dans un état semblable au mien. Putain on a vraiment déconné hier. Mais cette vision post-apocalyptique pourrait presque réussir à me faire sourire si je n'avais pas mal partout. Café, vite un café. « Moi aussi... » Et en plus, les miens sont plus long et c'est pas du tout agréable. Le café dans une tasse, j'attrape ma boîte personnelle de petites pilules que je laisse dans la cuisine pour éviter de les oublier ce qui pourrait être fâcheux en temps normal mais davantage aujourd'hui. Y'a une étiquette à mon prénom collé sur le tube et un message particulièrement explicite. "touche pas à ça abruti, ça va te tuer" Visiblement personne n'est mort, donc bon signe. J'attrape la bouteille de Syssoï, j'suis sûr qu'il ne m'en voudra pas et verse l'alcool dans mon café. Combattre la mal par le mal. Et avale mes petites pilules, toute en même temps, j'ai une chance sur deux d’aggraver mon cas mais qui ne tente rien n'a rien n'est-ce pas ? « Donc vu dans l'état que tu es, c'est pas toi qui m'a mit au lit hier ? » C'est le blackout complet dans mon cerveau, j'sais à peine ce qu'on a fait hier. Je me souviens juste de m'être moqué de l'état de Ruben, et de m'être réveillé presque à poil dans mon pieu. Bizarre cette affaire. J'ai pas le courage de m'étaler contre la table, c'est trop loin. Je me contente d'appuyer mon crâne endolori contre la paume de ma main qui va sûrement finir par flancher d'un moment à l'autre.
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Syssoï
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MessageSujet: Re: very bad trip - lundi 19 mars, 09h45   very bad trip - lundi 19 mars, 09h45 EmptyJeu 22 Mar - 4:27

Je crois qu’il y a un petit filet de bave qui coule d’entre mes lèvres ouvertes jusque sur la table. C’est probablement tout à fait ignoble, mais j’ai même pas la force de fermer la bouche, et si je le fais, je suis pas sûr de me souvenir que l’option “respirer par le nez” existe. Je prends pas le risque d’une mort pour suffocation -la pire pour un claustrophobe- et j’envisage sérieusement celle par noyade dans ma propre salive. J’imagine déjà l’épitaphe sur ma tombe “ci-gît Syssoï, noyé dans sa bave alcoolisée.” La mort la plus pourrie au monde juste après l’étouffement par chocapic dans les narines. C’est pour ça que je renonce aux céréales, là, tout de suite. C’est trop risqué. Et puis, mon estomac tolère déjà pas ma salive, alors tout aliment solide est à proscrire. J’ai le crâne au bord de l’implosion, et les tripes en rollercoaster. Je vais mourir. Je veux mourir. Et le type qui me fait face, parfait reflet dans le miroir, semble prêt à m’accompagner dans la tombe. Etre ou ne pas être... La question ne se pose même plus. J’ai les lunettes en biais sur le nez, les cheveux qui tapissent la table, et mon verre de médecine douteuse qui pétille à quelques centimètres de moi, envoyant ses postillons contre mes joues que je lèche d’un bout de langue, n’ayant pas la force de me redresser pour ingurgiter ma mixture. Je suis au paroxysme du pathétique. J’ai la langue super longue, en plus. Connor me parle, et sa voix n’est que douleur à mes oreilles. Je grimace en crachant un “chuuuuuut !”, tout en battant l’air de ma main pour chopper le mégaphone qui lui permet d’amplifier sa voix de la sorte. J’crois qu’il s’interroge sur l’identité de la personne qui l’a mit au lit hier... Sauf que je ne me souviens même pas de qui m’a mit au lit, moi... Je fronce les sourcils, et ce simple geste me fait mal jusque dans les couilles. C’est normal, ça ?! Je tente de réfléchir. Et dans cette phrase, l’accent est à mettre sur le verbe “tenter”. J’essaye de me remémorer les évènements de la veille. La salle noire, ok. Les pots de glace, ok. La glace flottant dans la vodka, ok. La vodka sans la glace, ok. La tequila parce qu’il n’y a plus de vodka, ok. Le sky parce qu’il n’y a plus de tequila, ok. Gabrielle qui dit «Les mélanges c’est maaaaaal.», ok. Gabrielle qu’on ignore, ok. Après, c’est quelque peu confus... Je force ma mémoire, me déclenche une douleur dans les voûtes plantaire, et parvient à récupérer quelques bribes, quelques flashback. J’suis pas très sûr de ce que je vois dans ma tête, à savoir Connor rampant sur le sol en se débarrassant de ses fringues pour, je cite «aller plus vite» genre en se délestant du poids de ses vêtements il va gagner en vitesse de progression, et moi qui le soutient et l’encourage en lui répétant que non, non je ne le laisserais pas derrière moi, même si, c’est indéniable, il me ralentit. Mais vu notre état de ce matin, cette version des faits, irrecevable en temps normal, me semble totalement plausible. « J’crois que t’y es allé tout seul en semant tes fringues sur le chemin pour pas que Ruben se perde. » Aïe, un autre détail me revient. Je crois qu’à défaut de mettre Connor au lit, j’ai mit la rousse au lit, et qu’elle s’est mangé quelques murs et quelques meubles au passage. « J’crois que Gaby va m’en vouloir... Enfin, si elle n’est pas morte d’une commotion cérébrale ou d’une hémorragie interne durant la nuit. » Ce qui me semble aussi totalement plausible. Je me redresse sur un coude, mon avant-bras faisant office de tuteur à ma tête, et après trois tentatives ratées, j’attrape mon verre de whisky-efferalgan. Je m’en enfile une longue gorgée en grimaçant de dégoût avant de me répéter en boucle «pas vomir, pas vomir, pas vomir.» tel un mantra. « Ya quoi dans tes cachets ? » Je demande en tendant la main vers la boîte que je rate, elle aussi, avant de postillonner un “chuuuuuuuut !” à moi-même, grimaçant une nouvelle fois de douleur, les deux mains plaquées contre mes tempes. A ce niveau-là, c’est plus une gueule de bois, c’est une invitation au suicide.
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Connor
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MessageSujet: Re: very bad trip - lundi 19 mars, 09h45   very bad trip - lundi 19 mars, 09h45 EmptyVen 23 Mar - 16:53

J'suis un déchet, une loque qui ne supporte même plus le son de sa voix, c'est pathétique, j'suis pathétique. Ok si j'étais pas aussi mal en point j'crois que j'aurais pu songer à aller creuser ma tombe dans le cimetière. J'vais mourir c'est certain, j'connais la douleur et celle-ci est épouvantable. Ma main commence à plancher mon coude lâche, merde, ma tête va s'écraser contre la table si ça continue. Mes lunettes se font la malle, et la branche est sur le point de m'arracher la joue mais j'ai pas le courage de lever la main pour les rattraper. Et BAM. Aïe. Chut lunettes ! J'observe Syssoï un instant, j'sais pas ce qu'il fait mais j'sais que j'ai pas envie de lui poser la question. J'ai envie de rien, si que toute cette merde s'arrête. Pas ma vie, j'y tiens trop, mais cette douleur au moins. Oui que cette putain de douleur s'arrête. J'sais pas si c'est le café, mes cachets, le sky ou l'association des trois mais j'ai l'impression que la pièce a cessé de tourné. C'est déjà ça. Je hais le soleil, rectification, je hais le soleil après une cuite, du coup j'suis obligé de rattraper mes lunettes, pour sauver mes pauvres petites rétines d'une brûlure imminente. La voix du français résonne à nouveau. D'accord, j'suis définitivement taré. J'ai presque envie de lui dire qu'il délire sauf qu'à bien y repenser, j'crois que j'suis totalement capable de ce genre de stupidité, même sobre. Je grimace, et ça déclenche immédiatement un grognement parce que merde, ça fait mal. J'ai l'impression de passer mon temps à me plaindre intérieurement que c'en est déroutant. « Quoi t'as même pas vérifié qu'elle respirait avant de te lever ? J'suis désolé de te dire que t'es dans la merde, mais promis, je t'apporterais des oranges quand on t'aura bouclé pour meurtre. » Putain, même totalement en vrac, j'arrive à raconter des conneries, n'empêche que ça doit être glauque de se réveiller à côté d'un mort. J'ai envie de gerber rien que d'y penser. Faut dire qu'il ne m'en faut pas beaucoup ce matin. Oh tiens, ça me fait penser que y'a plus rien dans ma tasse et j'ai la bouche pâteuse. Quelle horreur. Whishy, dans la tasse, now ! Ah quelle horreur ! Oui non c'est pas dégueulasse, c'est simplement immonde, j'vais vomir dans deux minutes. « Hein ? Quoi ? Ça ? Huum. Avlo... Merde, pas de. Ahh, peu importe. Bêta-bloquants, antalgiques, anxiolytiques, vasodilatateurs et gastro-résistants. Tiens d'ailleurs, je t'en file si tu veux. » Ouais, rien de mieux pour éviter de gerber, l'inconvénient c'est que ce sentiment de liberté qu'on ressent lorsqu'on gerbe, enfin longtemps après... On le connait pas. A la place, on garde ce qu'on a, ça passe ensuite. Peu de temps après normalement. Tiens, j'ai pas vomis. J'suis entrain de jouer avec mes petits cachets que j'ai étalé sur la table, un peu comme les gosses qui étalent leurs cubes. Putain j'suis grave. Qu'on m'achève.
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MessageSujet: Re: very bad trip - lundi 19 mars, 09h45   very bad trip - lundi 19 mars, 09h45 EmptyVen 23 Mar - 18:24

Les nez dans la main, les yeux qui papillonnent à la recherche d’un peu de lumière qu’ils ne supporteront de toute manière, pas, j’ai la faculté mentale d’un enfant de six ans, et la durée de survie d’un double centenaire. J’ai mal, au-delà du tolérable, genre 74 del de douleur, tout mon corps n’est plus qu’une masse de chaire à vif, les os brisés un à un, si je me mords le doigt, c’est l’entièreté de mon être qui souffre, jusque dans les orteils. Mon cerveau n’est plus bon qu’à encaisser la douleur et la redistribuer avec équité, alors, lorsqu’il s’agit de réfléchir, ça devient tout de suite un peu plus compliqué. J’ai les pensées parasites qui ondulent au rythme des balancements de la pièce, et la nausée qui va avec. Sauf que je refuse de vomir, c’est juste inconcevable, alors je dois m’occuper absolument l’esprit pour ne surtout pas penser à la houle qui monte en moi. Ça tombe bien, Connor m’oblige à me refaire l’inventaire de la soirée, alors je me force à la revivre en remontant le temps, et franchement j’estime pouvoir classer cette nuit dans le top five des « pires nuits de ma vie », dans le bon sens du terme, cela dit. C’est également de cette manière que je prends conscience d’avoir transporté ma partenaire à travers la moitié de la baraque en mettant un point d’honneur à lui faire croiser de plein fouet chaque meuble et chaque mur croisés sur notre route. Naturellement, lorsque je lui fais part de mon inquiétude quand à la mort de ma rousse, Connor m’engueule. Enfin pas trop, puisqu’il me propose très gentiment de m’apporter des oranges lorsque je serais en taule. Sur une échelle de 1 à 10, je me demande où est situé son niveau de compassion envers Gabrielle. « Homicide involontaire par imprudence en état d’ébriété… » Je grogne dans ma main, en me couvrant la tête de mon autre bras. « J’risque pas beaucoup, c’est la Prod qui va prendre cher pour non assistance à personne en danger, et pour avoir fourni l’alcool aussi… » Oui mais surtout pour mise en danger d’un individu, en collant Gabrielle dans mes pattes dès le premier jour de jeu. Fallait pas. C’était inévitable en fait. Je me creuse tout de même la tête pour vérifier si j’ai vu Gabrielle respirer ou non. Et ça me revient. « Rectification ! » j’éructe en levant un doigt en l’air. « Elle respire toujours. Même que ça brûle la peau et ça déchire les tympans. » Oui, mon langage n’est pas très clair, mais vu l’état de Connor, je sais qu’il comprend totalement ce que je veux dire, je pense même qu’il doit en ressentir les effets sur son propre corps, avec empathie. Et en bon empathique, il me propose même ses jolies petites pilules qu’il semble être entrain de classer sur la table, par ordre de grandeur, ou un truc dans le genre, je sais pas trop. Il a des tocs ? J’observe ses gellules, j’hésite un moment, puis les refuse d’un mouvement de tête qui m’arrache un gémissement de douleur, lorsque mon cerveau semble venir cogner contre mon crâne. Je plaque immédiatement ma paume au milieu de mon front en cherchant à l’enfoncer au maximum, peut être même la faire rentrer à l’intérieur pour étreindre mon organe douloureux et le jeter hors de moi. « Bordel, mais… Il s’est passé quoi, hier, pour que je sois dans cet état ? » On m’a drogué, c’est pas possible autrement. J’accuse, tel un Zola du pauvre, la Production… « Je me souviens tellement de rien, en fait. » J’ai bien quelques souvenirs, mais rien de vraiment linéaire et chronologique, comme des bouts de rêve qui s’évaporent lorsqu’on pense pouvoir les saisir. J’espère que je n’ai rien fait de déplacé. Pitié.
 

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