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 le temps d'une chanson (mardi - 19h55)

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Karla

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MessageSujet: le temps d'une chanson (mardi - 19h55)   le temps d'une chanson (mardi - 19h55) EmptyLun 10 Déc - 14:44

En fouillant dans les quelques affaires encore enfermés dans mes valises, je remarque rapidement mon étui à violon. L’étui est assez abimé, par tous les transports qu’il a pu subir tout au long de ma pourtant si courte carrière. Je passe ma main dessus et une envie me prend d’en jouer. Je ne suis pas de ces gens passionnées par la musique, c’est même par nécessité que j’ai commencé à jouer du violon. Cependant, ne pas toucher un violon pendant presque un mois me fait découvrir que je peux parfois en ressentir le manque. J’ouvre l’étui pour vérifier qu’il n’a eu aucun accident depuis mon arrivé dans le jeu, mais rien à signaler. Le violon est toujours dans un état quasiment neuf, avec mes initiales gravées dessus en doré que je touche toujours par automatisme. L’heure est déjà avancée et je n’ai pas forcément envie de jouer devant les autres. Non pas par pudeur, mais juste parce que l’envie d’être complimenté par des gens qui n’y connaissent rien me laisse de marbre. Je n’ai pas envie de jouer pour quelqu’un, mais simplement pour moi, pour oublier un instant que je suis dans cette aventure. Je referme donc l’étui et l’embarque avec moi sans trop savoir où je vais pouvoir être tranquille. Mes pas m’amènent vers l’extérieur du palais où tout est déjà éclairé par les lanternes et autres décorations lumineuses installés par la production. La lune est pleine ce soir, je reste quelques secondes, absorbée par la beauté du paysage, avant de continuer ma marche. Je décide de m’arrêter sur le ponton où le paysage est encore bien plus beau. La lune se reflète sur l’eau et qui permet une lumière naturelle bien plus époustouflante. J’ai l’impression de me retrouver sur une scène unique, ce genre d’endroit que tu ne peux trouver nulle part ailleurs. Je sors mon instrument de nouveau, que je positionne délicatement sous mon menton, dans un geste qui me revient si naturellement. J’attrape également l’archet, que je ne pose pas immédiatement sur mon violon. Je n’ai pas envie de jouer les morceaux que je joue quotidiennement sur scène, j’ai envie de jouer quelques choses de beaucoup plus symbolique pour moi, n’en déplaise aux personnes du conservatoire de Paris qui sont certainement en train de suivre mon aventure de près. C’est ainsi que je me lance dans une musique tsigane que je connais sous le bout des doigts, même si ça fait presque sept ans que je n’ai pas eu l’occasion de la jouer. Mes yeux se ferment, mon corps accompagne par moment les sons qui sortent des cordes. Lorsque je joue, le temps s’arrête et tout ce qui se passe autour de moi se fige. C’est au bout de quelques minutes que je m’arrête, reposant les pieds sur terre. C’est au bout de quelques secondes qu’un bruit non loin de moi me met en alerte. « @César ? Tu es là depuis longtemps ? » Pendant un court instant, c’était moi l’aveugle puisque je ne l’ai pas entendu venir jusqu’ici. C’est assez drôle, quand on sait que pendant l’action et vérité, je l’ai désigné comme le seul devant qui je voudrais jouer. Voilà qui est fait, même si j’aurais préféré garder ce moment pour moi.

LA MUSIQUE
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MessageSujet: Re: le temps d'une chanson (mardi - 19h55)   le temps d'une chanson (mardi - 19h55) EmptyMar 11 Déc - 3:14

Alors qu'il revenait d'une longue balade à travers le domaine, César réalisait qu'il aurait peut être du emporter un peu plus qu'une veste avec lui quand il avait décidé de quitter le palais pour aller se dégourdir les jambes, loin d'imaginer qu'il serait toujours dehors deux heures plus tard. Il aimait se promener dehors parce qu'il avait toujours l'impression de pouvoir être surpris. Par un bruit, par un chemin qu'il ne connaissait pas. A l'intérieur du palais, c'était un peu différent, il s'était tellement familiarisé avec les différents recoins de la bâtisse qu'il avait peu de chances de pousser une porte et d’atterrir dans un endroit qui lui était inconnu – ou seulement la loveroom, qu'il avait visité avec Anouchka quelques jours plus tôt et qui avait constitué sa plus grande découverte depuis une poignée de jours. Ce n'est pas qu'il se lassait, parce qu'au contraire c'était très important pour lui d'être parvenu à s'habituer à son environnement au bout d'à peine un mois, mais quand il sortait prendre l'air il y avait toujours cette petite pincée d'inattendue qui le séduisait. C'est pour ça qu'il profitait souvent d'un moment où il n'avait rien à faire de particulier pour gagner l'extérieur. Aujourd'hui il avait peut être perdu un peu de sa notion du temps au détour de son exploration du domaine, mais il faut dire qu'avec lui les balades avaient souvent tendance à s'éterniser un peu, parce qu'un rien pouvait attirer son attention quand il se concentrait sur tout ce qu'il lui était possible de percevoir rien qu'en marchant dans de la terre, en effleurant le tronc d'un arbre ou en entendant un insecte voler près de lui. Mais cette fois ce furent des sons inhabituels qui voyagèrent jusqu'à ses oreilles et l'incitèrent à s'arrêter tandis qu'il lui sembla dans le même temps entendre l'eau de la rivière à quelques mètres de là. Il identifia la provenance de ces sons comme étant le ponton lorsqu'il marcha jusqu'à s'en rapprocher et identifia une mélodie particulièrement apaisante pour une oreille comme la sienne, qui trouvait dans la musique un bien-être particulier sans pour autant se revendiquer connaisseur. Cet air, il le trouvait vraiment joli mais il serait incapable de le reconnaître, et ça le frustrait beaucoup moins que d'ignorer par qui il était précisément joué. S'approchant davantage tout en essayant de se faire aussi discret que possible, il ferma les yeux et resta un instant à profiter de cette atmosphère rendue très singulière par cette mélodie qui semblait se fondre dans le spectacle qu'il se représentait à l'intérieur de son esprit. Son pied fit craquer le bois et une voix s'éleva tout à coup, le laissant interdit quelques secondes. Il reconnut Karla et se rappela qu'en effet c'était elle la violoniste de l'aventure, mais qu'ils n'en avaient jamais discuté ensemble. Il le regrettait, parce qu'il était persuadé depuis leur échange au food-truck qu'elle n'était pas toujours aussi dure qu'elle le laissait penser. « Non, ça ne doit pas faire plus de deux minutes. Je passais pas loin et je t'ai entendu jouer... Ça m'a donné envie d'approcher. » Il expliqua dans la naissance d'un sourire, espérant au fond de lui que son arrivée ne la gênerait pas autant que la dernière fois, mais ayant l'impression qu'elle était plus surprise que contrariée. « Je trouve ça vraiment très beau. Qu'est-ce que c'est ? » Il souffla après quelques secondes, incapable de garder pour lui ce que lui inspirait ce morceau dont il ne connaissait peut être rien mais qui lui inspirait énormément de choses, éveillant certaines émotions en lui qui le prenaient un peu de court. Des souvenirs inconscients, aussi. « Il y a quelques années, j'ai assisté à un concert privé du New York Philharmonic qui commémorait le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre, et je me suis rendu compte que mon rapport à la musique avait changé. Je n'ai pas développé de don musical particulier parce qu'il aurait fallu que je perde la vue en bas-âge, mais je ne l'écoute plus comme avant. Parfois j'ai presque l'impression de voir danser les notes juste devant moi, mais c'est en fait mon imagination qui se les représente comme quelque chose de beaucoup plus... concret aujourd'hui. » Ce n'était pas un sujet qui s'invitait facilement au cours de ses échanges, mais il avait le sentiment que si quelqu'un était capable d'imaginer ce que ce genre de sons pouvaient provoquer chez une personne atteinte de cécité et qui se concentrait beaucoup plus sur ce qu'elle entendait, c'était encore quelqu'un qui jouait d'un instrument. Il resta un instant silencieux lorsqu'il réalisa par quel moyen il en était arrivé à lui parler de ça, et sentit sa gorge se serrer légèrement avant qu'une question ne se faufile jusqu'à ses lèvres. « Je me demandais... pourquoi moi ? » Il demanda doucement, tout en songeant qu'elle comprendrait sans doute où il voulait en venir et qu'il avait à l'esprit cette question par laquelle elle avait répondu par son prénom. Elle avait dit qu'il était celui devant qui elle voudrait jouer du violon, et on pourrait presque croire que ce n'était pas une coïncidence s'il ne l'avait retrouvée ici parfaitement par hasard. Quand il y repensait, ça le touchait.
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MessageSujet: Re: le temps d'une chanson (mardi - 19h55)   le temps d'une chanson (mardi - 19h55) EmptyMer 12 Déc - 21:39

Lorsque je joue du violon, que ce soit sur scène ou pendant les répétitions, je ne vois plus rien autour de moi. Il pourrait se passer n’importe quoi, je ne pourrais pas m’en rendre compte. La musique me fait perdre quelques sens, si je ne compte pas le toucher qui est monopolisé par l’instrument que je manipule avec une extrême précision, sans fausse note ni hésitation. Le morceau me parle, me touche plus que d’accoutumée. Je n’ai pas voulu jouer ici un grand classique de la musique classique, en effet, j’ai préféré aller plus loin en jouant une musique tsigane, un air que j’entends très souvent lorsque je retourne auprès des miens. Une musique dont l’histoire n’est mélancolique que pour nous et qui touchera d’une autre manière les personnes extérieures à ça. Quand je m’arrête, c’est par un tout autre bruit que je suis surprise. Faisant volte-face, c’est César qui se tient devant moi, qui semble ne pas avoir raté grand-chose de ma prestation. Pour m’en assurer, je lui demande depuis combien de temps il se tient ainsi et sa réponse est claire. Il est là depuis un petit bout de temps, ayant entendu le début de l’air, il a décidé de s’approcher. Baissant l’archet et violon pour les tenir le long de mes jambes, mon regard se perd un petit instant sur l’eau de la rivière. « Je vois … » Je ne dis rien de plus, perdu dans mes pensées. Jouer sur le ponton n’était peut-être pas une si bonne idée pour être discrète, mais peut être qu’involontairement, mon subconscient attendait que quelqu’un soit spectateur. Et pas n’importe qui, puisqu’il s’agit là de la personne que j’ai désignée pour ce qui était de m’entendre jouer un air. Il me fait de nouveau quitter mes pensées en complimentant le morceau, me demandant par la même occasion de quoi il s’agit. Je me penche alors, pour reposer mon instrument soigneusement dans l’étui de protection, répondant par la même occasion à sa question. « C’est une musique tzigane qu’on joue souvent dans les pays de l’Est. » Je ne peux cependant pas m’empêcher de lui raconter l’histoire de cette musique, qui est bien plus complexe en apparence. « Habituellement, la musique des gitans est beaucoup plus festive, mais celle-ci a été écrite pour rappeler une bien triste époque. Malheureusement, les juifs n’étaient pas les seuls à être déporté pendant la seconde guerre mondiale. Les tziganes également ont connu beaucoup trop de perte. » Bien sûr, on en a beaucoup moins entendu parler, puisque les nomades n’étaient déjà pas énormément appréciés au siècle dernier. J’écoute César m’expliquer son nouveau rapport à la musique depuis qu’il est aveugle, il reste silencieux un moment avant de me poser la question que j’attendais. Pourquoi lui ? Je ne réfléchis pas à la réponse que je connais déjà. « Pour ton rapport à la musique, justement. Je me suis dit que tu serais plus apte à apprécier les sons que tu entends plus que les autres. » C’est surtout ça qui m’a amené à penser que César serait le seul devant qui j’ai envie de jouer, mais aussi sa personnalité qui m’ont inspiré bien plus de confiance qu’autre chose.
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MessageSujet: Re: le temps d'une chanson (mardi - 19h55)   le temps d'une chanson (mardi - 19h55) EmptyVen 14 Déc - 6:30

César marchait tranquillement à proximité de la rivière lorsque des notes de musique parvinrent jusqu'à ses oreilles et troublèrent le silence qui accompagnait jusqu'ici ses pas. Il se laissa alors naturellement attirer par cette mélodie qui lui donna envie de savoir d'où elle pouvait bien provenir, alors même que son inconscient savait bien qui était a priori la seule personne à en jouer ici. Ça l'intriguait beaucoup, mais plus que ça, ça le fascinait. Il avait toujours apprécié la musique, mais il avait tendance à lui trouver d'autant plus de vertus depuis qu'il était aveugle. Elle était aussi directement rattachée à plusieurs parties de sa vie qui paradoxalement étaient loin d'avoir été les plus heureuses, mais il se rappelait aussi que ça l'apaisait beaucoup d'en écouter à l'époque où il se remettait de son accident et passait beaucoup de temps chez lui à essayer de composer avec les changements qu'impliquaient sa nouvelle situation. Ça faisait certainement partie des choses qui, petit à petit, avaient joué un rôle indirect dans sa guérison et dans l'évolution de son état d'esprit durant sa convalescence. Alors lorsqu'il entendit tout à coup la voix de Karla s'élever et interrompre ce joli récital, il fut peut être encore plus touché parce qu'elle montrait souvent d'elle un visage un peu dur mais que l'entendre jouer de cette façon lui permettait de la percevoir un peu autrement. Elle lui demanda s'il était là depuis longtemps et il lui répondit sans détour et avec honnêteté, alors que pour une fois c'était presque troublant d'être celui qu'on n'avait pas vu venir. Il la complimenta ensuite sur la beauté du morceau qu'elle jouait à son arrivée, avant de chercher à savoir de quoi il s'agissait. Sa réponse lui permit alors d'entrevoir tout un pan de la vie de Karla qu'il n'avait jamais entre-aperçu jusqu'ici, et il sentit monter en lui une émotion qui dessina sur ses lèvres un sourire doux mais attristé. « Je trouve ça beau qu'un peuple qui a souffert puisse se recueillir grâce à un morceau qui signifie quelque chose à ses yeux, et puisse partager son histoire avec d'autres, notamment ceux qui aujourd'hui connaissent aussi la violence et la persécution. » Et si la couverture médiatique n'était pas toujours la même selon l'endroit où ces crimes contre l'Humanité étaient encore aujourd'hui perpétrés, il y avait toujours un moyen de s'informer et César en avait pris l'habitude et savait que son propre monde, privé de lumière et de couleurs, était parfois plus supportable que ce monde-ci. « Tu fais toi-même partie de la communauté tzigane ? » Il demanda, croyant comprendre que c'était pour ça qu'elle avait choisi ce morceau, et surtout qu'elle connaissait son histoire. « Je sais pas si c'est tout à fait comparable, mais... mes parents ont fui l'Argentine à l'époque de la dictature militaire qui a aussi fait beaucoup de victimes, de disparus et d'exilés. Et chaque fois qu'ils m'en parlaient, c'était comme renouer avec un bout de mon histoire, alors je comprends que ce morceau puisse représenter quelque chose pour toi si ça fait aussi partie de ton héritage. » Et il trouverait ça d'autant plus symbolique, parce que lui avait perdu une partie significative de sa famille au moment où l'Argentine était devenue un endroit dangereux, et il avait conscience de la chance qu'il avait eu que ses parents échappent à cette effroyable dictature, se rencontrent et construisent leur famille sur le sol américain. Lui expliquant que son rapport à la musique avait changé lorsqu'il était devenu aveugle, il chassa le trouble que cette anecdote avait provoqué chez lui lorsqu'il repensa à cette réponse que Karla avait donné le concernant au cours d'une rubrique. Elle avait laissé entendre qu'il était celui devant qui elle voudrait jouer du violon, et il ne fut pas surpris que ce soit précisément parce qu'elle avait pensé qu'il apprécierait différemment ce qu'elle jouerait pour lui. « Tu as eu raison, et je suis content que l'occasion se présente presque par hasard de t'écouter jouer. Tu as choisi cet endroit en particulier pour une raison ? Le paysage, peut être. » Ses lèvres esquissèrent un sourire un peu plus amusé, parce que ce pourrait être une bonne raison de s'être installée ici, même lui qui ne pouvait pas juger de la beauté des lieux se doutait bien que l'endroit, tout proche de la rivière, devait être plaisant à observer. « J'ai pas l'impression de t'avoir déjà entendu jouer au palais, tu le fais toujours dehors ou bien c'est l'une des premières fois que tu sors ton violon depuis qu'on est là ? » Si elle avait apporté son violon avec elle, c'était certainement pour en jouer assez régulièrement, mais peut être aussi qu'il y avait une forme de pudeur inconsciente quand on devait cohabiter avec un groupe d'inconnus devant qui on ne se verrait pas forcément jouer de son instrument dès le départ.
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MessageSujet: Re: le temps d'une chanson (mardi - 19h55)   le temps d'une chanson (mardi - 19h55) EmptyLun 17 Déc - 2:29

J’explique à César ce que cette musique raconte, car après tout, lorsqu’on joue seulement un morceau avec un instrument, on ne peut pas toujours comprendre qu’il y a toute une histoire derrière. On ressent la mélancolie de l’air, alors que c’est bien plus que ça. Il raconte la douleur qu’on connut les tziganes pendant cette seconde guerre mondiale à laquelle ils n’ont même pas participés. Des nomades qui cherchaient juste à tracer leur route à travers tout ça et qu’on a mêlé malgré eux. Et puis, il en découle aussi beaucoup de tristesse. La perte des êtres chers, que ce soit des enfants ou des parents, chacun de la communauté a perdu un membre de sa famille dans les camps de concentration. Alors aujourd’hui, ça peut paraître loin. Des presque ancêtres qu’on aurait de toute manière peut être pas connu, donc on se transmets ces musiques pour ne pas oublier. Je n’en dis pas autant à César, mais le principal. Il peut aisément imaginer le reste lui-même. Ce qu’il fait très bien puisqu’il me dit trouver ça beau qu’on puisse se réunir sur cet air qui signifie beaucoup pour nous. Je n’ajoute rien à ça, préférant rester silencieuse. Il me questionne alors, pour savoir si je fais moi-même partie de la communauté tzigane. Je ricane un instant face à cette question. « En Europe, on préfère nous appeler les roms maintenant. Qu’importe l’époque, on ne veut toujours pas de nous. » Je confirme donc ses propos sans aucune émotion suite à ma réponse. C’est la triste réalité, mais je n’ai aucune envie de me plaindre, n’aimant pas me positionner en victime. J’ai réussi ma vie, je n’ai donc pas à me plaindre. Se serait mordre la main qui me nourrit après tout. César me raconte une partie de son histoire familiale, en particulier l’exode de ses parents de l’Argentine au moment où le pays n’était pas très sûr. Je ne suis pas de celle qui frotte le dos des gens pour les réconforter, je comprends son histoire, je pense même que je compatis, mais je ne le retransmets pas physiquement. « C’est assez drôle de se dire qui se passe pratiquement la même chose dans ce pays et que nous, on tourne une émission sans intérêt. » Je trouve même ça fou, mais je ne m’étalerais pas sur le sujet, la production va très certainement censurer mes propos pour ne pas avoir de souci avec la censure chinoise. « Du coup, tu es déjà retourné en Argentine avec tes parents ? » Je suis curieuse de savoir s’il a déjà découvert le pays d’origine de sa famille et s’il ne s’est pas senti étranger à tout ça. Je finis aussi par lui donner la raison qui fait que j’avais envie de jouer du violon pour lui, ou plutôt, devant lui. Il me demande si le choix du lieu est dû au hasard ou si c’est à choix calculé par rapport au paysage. « Ça fait des années que je joue dans des salles gigantesques, j’avais envie de retrouver un endroit un peu plus naturel. » Et on ne fait pas mieux que près de la rivière. Il se demande alors si j’ai déjà joué dans le palais, car il n’a pas l’impression de m’avoir déjà entendu. « Non, c’est la première fois que je le sors de son étui. J’ai pris mon violon avec moi dans l’aventure plus par habitude de l’avoir constamment à mes côtés. Ce n’est pas une passion, tu sais, c’est juste la seule chose que je sais faire. Mais c’est bizarre, aujourd’hui, j’ai ressenti comme un manque. J’avais une vraie envie d’y jouer. » Je ne sais pas ce que ça signifie et César ne le sera certainement pas non plus, mais je n’ai jamais ressenti ce manque dans le passé.
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MessageSujet: Re: le temps d'une chanson (mardi - 19h55)   le temps d'une chanson (mardi - 19h55) EmptyJeu 20 Déc - 3:58

César s'était douté que le morceau choisi par Karla aurait une histoire et une signification particulières pour elle, mais il fut touché lorsque la jeune femme lui expliqua ce qu'il représentait réellement et qu'il était directement rattaché à un passé terrifiant, une page de l'histoire de l'humanité particulièrement sombre, qui tout à coup semblait expliquer pourquoi cette mélodie lui avait procuré autant d'émotions lorsqu'il s'était approché. Il s'en dégageait une vraie mélancolie, et il comprenait maintenant pourquoi et ce que ce morceau pouvait représenter pour toutes les personnes qui avaient été touchées et impactées par ce qu'il racontait. Et c'est pour ça qu'au milieu de ce qui rappelait cette tragédie, il arrivait à trouver ça beau que des personnes qui avaient souffert de ces horreurs puissent se recueillir autour d'un même morceau. Il n'oubliait pas que cette époque n'était pas si lointaine. C'est alors naturellement qu'il lui demanda si elle faisait comme il l'imaginait partie de cette communauté longtemps persécutée, avant d'apprendre qu'en effet elle descendait bien des tziganes. Ou plutôt des roms, et sa précision dessina sur ses lèvres une moue empathique. Il n'était pas le mieux placé pour savoir comment les choses se passaient en Europe, mais il mentirait s'il disait qu'il pouvait encore être surpris en mal sur la mentalité humaine. « Parce que l'immigration en général est un problème ? » Il demanda doucement. Peut être, après tout lui-même vivait dans un pays où un type avait été élu président sur la promesse de construire un mur à la frontière mexicaine. Parfois il se disait que s'il avait été élu beaucoup plus tôt et qu'il avait eu encore plus de soutien, il ne serait même pas là pour en parler. Parce que comme il le lui confia par la suite, il était lui-même le fils d'un couple d'immigrés qui avaient rejoint les Etats-Unis après que l'Argentine soit devenue beaucoup trop dangereuse pour beaucoup de familles à l'époque où la dictature militaire avait aussi fait énormément de victimes directes ou indirectes. Il avait entendu ces histoires des centaines de fois, mais ça le touchait toujours autant d'y penser parce qu'elles faisaient aussi partie de lui. « Ce n'est peut être pas sans intérêt pour tout le monde. Ni pour ceux d'entre nous qui sont venus ici pour des raisons qui leur sont chères, ni pour les personnes qui pourraient justement avoir besoin d'être diverties. » Il n'était pas entrain de dire qu'ils allaient changer le quotidien de ces personnes parce que lui non plus ne glorifiait pas forcément la télé-réalité à la base, mais il était persuadé que le divertissement pouvait avoir de vraies vertus sur le moral d'un peuple, ce n'était pas pour rien si beaucoup de dictatures voyaient les médias être réduits au silence, et la télévision et internet faire l'objet de restrictions. « Oui, on retournait parfois en Argentine lorsqu'ils étaient encore parmi nous. On y a encore un peu de famille, du coté de ma mère surtout, et je crois qu'ils ont toujours voulu nous rapprocher de nos racines. » Et ils avaient plutôt bien réussi, même si les voyages n'avaient pas été aussi nombreux qu'ils l'auraient probablement voulu et que les choses avaient été un peu plus compliquées après leur décès. « Une partie de notre famille voulait les faire enterrer là-bas, mais je crois que pour mes sœurs et moi ça aurait été beaucoup trop dur de les savoir aussi loin de nous... De toute façon, la question ne s'est pas vraiment posée. » Il sentit sa gorge se serrer sur la fin de sa phrase et lutta un instant contre l'émotion que cet aveu venait de réveiller en lui, alors qu'au même moment il demanda à la jeune femme pourquoi elle avait choisi cet endroit en particulier. Sa réponse redessina un sourire sur ses lèvres, avant qu'elle ne lui avoue qu'en vérité le violon n'était pas nécessairement une passion pour elle, bien qu'elle dise avoir ressenti un manque. « Si la seule chose que tu sais faire c'est jouer du violon à merveille, c'est déjà loin d'être rien tu sais. » Il rit doucement. « Comment tu en es venue à en jouer, si c'était pas par passion ? C'était pour faire plaisir à quelqu'un au départ ? » Peut être un proche, un parent qui rêvait de la voir jouer de la musique. Il avait déjà entendu des histoires de ce genre, d'enfants qui développaient un talent pour combler leur père ou leur mère et qui arrivés à l'âge adulte se rendaient compte que ça ne leur correspondait pas forcément. « Peut être que ton inconscient essaie de t'envoyer un message. Sans être forcément passionnée, c'est peut être une chose que tu aimes faire malgré tout. Et ici, tu as simplement plus de temps pour t'en rendre compte, et ça te manque. » Il faut dire que les journées étaient parfois assez longues, puisqu'ils étaient coupés de tout et qu'à force de vivre au même endroit depuis des semaines, il devenait plus facile pour l'ennui de se faire une place auprès d'eux. « Tu connais beaucoup d'autres morceaux ? Je dirais pas non à un concert privé, après tout c'est toi qui as provoqué le destin avec ta réponse. » Il reprit d'un ton plus taquin, sincèrement curieux et impatient de l'entendre jouer quelque chose d'autre.
 

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