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 I write sins not tragedy. (lundi s4, 08h10)

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Leon

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MessageSujet: I write sins not tragedy. (lundi s4, 08h10)   I write sins not tragedy. (lundi s4, 08h10) EmptyLun 10 Déc - 2:16

@karla

La nuit a été longue. Ou plutôt courte. Après l'annonce des résultats, j'ai renoncé à aller dormir pour passer du temps avec Penny. Ravalant mon contentement d'avoir été repêché par le public et la double-joie de savoir qu'il en était de même pour Karla, j'ai revêtu ma casquette de bon copain pour lui tenir compagnie. Autant dire que j'ai pas beaucoup dormi et puisque je suis un lève-tôt, il était inconcevable que je paresse passé sept heures du matin. Alors je suis là, avant tout le monde, comme d'habitude, levé, fraîchement lavé et prêt à tuer le temps jusqu'à l'heure de retourner dormir. Ce matin, je me suis même accordé le luxe de m'offrir une séance de sport en solitaire. Pas vraiment ce que je préfère, je suis plus un artiste (hrum) qu'un sportif, et si j'ai horreur de la salle de sport et de son atmosphère saturée en sueur, j'aime, en revanche, me lancer dans de longues courses de fond en extérieur qui me tiennent occupé jusqu'à ce que je ne tienne plus sur mes jambes. L'air de rien, je suis plutôt endurant. Avec mon père, on avait l'habitude de partir faire des treks dans les environs de Melbourne et ça m'a permis de conserver un minimum de condition physique là où j'ai jamais été foutu de m'intéresser au sport en parallèle. Bref, tout ça pour dire que je suis opérationnel depuis un moment, j'ai eu le temps d'aller courir et de prendre ma douche lorsque je redescends dans la cuisine pour aller prendre mon petit déjeuner. Elle est vide ou presque. Je capte sans surprise la petite silhouette isolée de Karla, et sans même réfléchir, je converge dans sa direction. Et j'allais y aller de mon naturel enjoué jusqu'à changer d'avis, d'humeur mutine. Alors en me plantant face à elle, de l'autre côté de l'îlot central, j'annonce : « Je suis vexé. » Franchement, j'ai hésité à lui envoyer un recommandé, écrit en alexandrins sur du papier de notaire, par la poste pour la convier à une réunion de crise de binôme. C'est limite si j'ai pas les mains jointes sur la table pour l'accueillir. Je soutiens son regard un temps. Rien qu'un temps. Suspense. « Tu as essayé de te débarrasser de moi, hier soir » je l'accuse à voix basse. Je vais jusqu'à froncer les sourcils avec une distraction étudiée, le tout agrémenté d'une moue subtile des lèvres et d'un balancement de tête sur le côté, mon regard étudié accrochant un point vide sur ma gauche. Et sous mon crâne, je revois les images de Karla, au prime, se jeter telle une assoiffée sur de l'eau de pluie, sur l'enchère pour changer de partenaire. Quelle douleur. Quelle peine. J'ai cru à une blague. J'ai cru à une taquinerie. Mais non, elle a continué. Sur d'autres elle a renchérit, plusieurs fois, toujours aussi déterminée. Et moi, j'étais à côté d'elle, silencieux, scrutateur, abandonné.
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MessageSujet: Re: I write sins not tragedy. (lundi s4, 08h10)   I write sins not tragedy. (lundi s4, 08h10) EmptyMar 11 Déc - 0:55

Malgré l’heure tardive à laquelle je me suis couchée, mes yeux s’ouvrent au moment même où @Leon quitte le lit. Je n’essaye pas de le rattraper ou de chercher à savoir où il va. Non, je le laisse s’éloigner et je décide de prendre possession du lit dans sa totalité. On est de moins en moins dans cette chambre et je pourrais très certainement choisir un autre lit pour avoir plus d’espace, moi qui adore m’étaler à la base, mais non. Je préfère rester dans le même lit que mon partenaire et sentir sa présence dans la nuit. C’est assez drôle, quand on sait que je ne dors jamais avec personne à l’extérieur. Je ne sais pas expliquer un tel changement dans mes habitudes, quand il s’agit de Leon, j’agis toujours différemment et je ne trouve aucune explication à tout ça. Je reste allongée dans le lit un long moment, regardant le plafond en pensant un peu à tout et n’importe quoi. Je décide de me lever au bout de trois quart d’heure pour aller prendre une douche et revêtir une petite robe noire que j’accompagne d’une paire de pantoufle. On fait mieux en matière de tenue, mais je cherche le confortable pour le moment. Je descends dans la cuisine qui est vide, c’est bizarre de pouvoir profiter des lieux sans qu’il soit investi par tous les candidats. Je me fais chauffer un bol de chocolat chaud et je prépare des tartines au beurre. Croquant dans ma première tartine, je remarque la présence d’un autre candidat qui s’approche. Et puis une fois qu’il pénètre dans la cuisine, je remarque qu’il s’agit de Leon. Je n’ai pas le temps de dire ou faire quoi que ce soit qu’il m’explique qu’il est vexé. Je hausse les sourcils, attendant la suite, ne comprenant pas la raison. Il prend un air si dramatique, je me demande bien ce qui lui arrive. Et là, il m’annonce que je vais voulu me débarrasser de lui hier. Je n’ai pas de réaction pendant quelques secondes, pour savoir à quel moment j’ai voulu faire une telle chose et je remémore mon début d’enchère concernant le changement de partenaire, bataillant avec Penny et Lucy. C’est vrai que j’étais à deux doigt de mettre une sacrée somme là-dedans, mais j’ai abandonné quand j’ai vu que les deux brunes étaient déterminées. « Tu te vexes pour pas grand-chose. » Je suis un peu cassante, tandis que mes yeux s’attardent sur ma tasse que je mélange avec une petite cuillère. J’en veux un peu à Leon de croire que je serais capable d’une telle chose, même si je ne lui ai pas donné d’explication non plus. Je soupire, lâchant finalement la cuillère. « Je sais que tu es proche de Penny et voyant qu’elle enchérissait à tout prix pour ça, je pensais qu’elle allait te choisir comme partenaire. Et je n’en avais aucune envie. Finalement, j’ai eu tort. » Voilà, c’est une simple histoire de jalousie. Ça m’agace de devoir l’avouer, mais mon aventure ne serait plus la même sans Leon. J’ai déjà eu peur de le perdre lors de l’élimination, il ne manquait plus qu’une autre candidate me vole mon partenaire. « Alors, tu peux aller te faire voir. » Je deviens méchante malgré moi, juste par honte d’avoir dû lui avouer mes raisons totalement futile et totalement dirigé par mes émotions. Je plonge une tartine dans ma bouche pour éviter de dire des choses que je ne pense pas par pur vengeance.
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MessageSujet: Re: I write sins not tragedy. (lundi s4, 08h10)   I write sins not tragedy. (lundi s4, 08h10) EmptyJeu 13 Déc - 0:56

Karla, je vois son expression changer du tout au tout. Pas vraiment, en fait, je le devine plus que je ne le vois, parce qu'elle n'est pas le genre à offrir ses émotions sur un plateau d'argent, à bout de lèvres et de regard. C'est plus subtil, plus ténu, c'est dans les yeux, dans la peau, dans ses cheveux immobiles autour de son visage de marbre. Mais parce que je commence à comprendre sa manière de fonctionner ou, en tout cas, je commence à parfaite mon guide Karla et à décrypter ce qu'elle pense selon sa façon d'être, je comprends que j'ai beaucoup trop bien joué mon rôle. Elle me rabroue sans crier gare, de son regard froid qu'elle ne me réserve jamais, d'habitude et qui m'attriste un peu. La vérité c'est que j'ai en elle une confiance probablement un peu aveugle parce que j'aime croire que l'estime que j'ai pour elle, en tant que partenaire de jeu et tout simplement en tant que personne devenue importante à mes yeux, ici, est réciproque. Alors quand elle a commencé à enchérir, lors du prime, pour cette histoire de troc de partenaires, j'ai bugué cinq secondes, c'est vrai, mais je ne me suis pas posé de questions. Je me suis juste dit qu'elle avait un plan. Quel plan, j'en sais foutre rien, mais un plan. Je me suis même dit qu'elle assurait ses arrières au cas où j'étais éliminé, ce genre de trucs. Mais apparemment, la raison est toute autre parce qu'elle finit par abandonner ses activités d'un air mécontent pour m'expliquer qu'elle voulait empêcher Penny de se mettre en binôme avec moi et honnêtement, j'ai envie de rigoler pendant une seconde, tellement c'est improbable. Si Penny devait choisir n'importe quel autre partenaire que Lina, ça aurait été Joa, pas moi, clairement. « Pas sûr qu'on serait restés proches très longtemps si elle m'avait séparé de ma partenaire » je réplique avec un sourire. Penny, elle sait bien que ça m'aurait fait chier qu'elle m'oblige à changer de binôme parce que moi, je me vois avec personne d'autre que Karla dans ce jeu. Et le fait qu'elle ait réagit de cette manière pour éviter que ça n'arrive me touche, au fond, même si elle me le renvoie à la gueule avec dureté, et je me sens un peu con qu'elle croie vraiment à mon manège. C'était pas prévu, qu'elle plonge dedans tête la première et maintenant, j'ai juste l'impression que c'est moi qui ébranle notre mécanique pourtant huilée à la perfection. Alors quand elle m'envoie me faire foutre sans plus de cérémonie, avec la verve dont elle peut parfois faire preuve, je me fige, le regard planté sur elle, insondable. Je suis là, comme un imbécile mécontent et un peu triste même, et pourtant, y'a une partie de moi, au fond de moi, qui se réjouit de la voir comme ça. Touchée, je veux dire. « Tu aurais préféré que le fait que tu veuilles changer de binôme me laisse totalement indifférent ? » je demande doucement mais avec dans ma voix une fermeté à laquelle je ne fais pas souvent appel. C'est drôle, j'ai toujours considéré que j'étais un gars dont le visage et l'expression attiraient la sympathie plus qu'autre chose, mais il parait que je peux faire preuve d'une autorité assez improbable lorsque je me prends au sérieux. Je sais que dans la situation inverse, j'aurais été davantage perturbé par ça que par n'importe quoi d'autre : l'indifférence. Me rendre brusquement compte que la complicité qu'on construit depuis un mois ne signifie en fait pas grand chose. « Je plaisantais, Karla » je finis par dire de ma voix habituelle, plus posée. Le pire c'est que c'est vrai, pas une seconde je n'ai cherché à la mettre dans l'embarras, dans ma tête je la voyais répondre avec sarcasme, comme elle le fait toujours et on se serait battus cinq minutes. Faut croire que je la connais pas encore si bien que ça, Karla, mais ça me perturbe pas outre mesure parce que ça me plait de savoir que j'ai encore mille choses à découvrir. « Je sais que tu n'es pas comme ça. » Mais ça, en fait, c'est même une évidence peut-être un peu débile que j'ai depuis le début et depuis qu'on s'est rencontrés et c'est pour ça que j'ai aucun problème à plaisanter sur le sujet. Parce que je sais que ça restera jamais qu'une... plaisanterie ? Parce que je sais que tout ce que je peux dire restera toujours faux. « Excuse-moi si je t'ai contrariée, ce n'était pas mon intention » je souffle en toute sincérité, en cherchant ses yeux pour y lire ce qu'elle pense, mais sans bouger de ma chaise, parce que clairement, j'ai pas l'intention d'aller me faire voir.
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MessageSujet: Re: I write sins not tragedy. (lundi s4, 08h10)   I write sins not tragedy. (lundi s4, 08h10) EmptyVen 14 Déc - 3:00

Je suis une peste, ce n’est pas nouveau. Ce mot n’est pas sorti dans les adjectifs donnés par les autres candidats, mais je suis sûre et certaine que la moitié d’entre eux doit le penser. Ce qui est par contre nouveau, c’est que je le sois avec Leon. Depuis le début, il a trouvé ce moyen d’avoir toujours les mots juste qui font que je n’ai pas envie d’être méchante avec lui, même si je reste toujours sincère. Cependant, à cet instant, je me sens attaquée par ses propos. Les raisons qui m’ont poussé à enchérir m’embête fortement, car j’allais dépenser une fortune folle juste pour éviter que la bouclée en plus de me piquer mes tenues me pique mon partenaire. Je me suis sentie faible au moment où j’ai fait ça et le fait que Leon me rappelle me pousse à l’envoyer promener, alors qu’il n’a véritablement pas fait quelques choses de mal. Il me demande alors si j’aurais préféré qu’il reste indifférent à mon envie de changer de partenaire. Bizarrement son ton de voix est beaucoup plus dur qu’à l’accoutumée, malheureusement ça ne m’atteint pas plus que ça et je continue sur ma lancée. « Oui parfaitement, que tu n’en parles pas, ça aurait été génial. » Voilà que je deviens ironique, je ferais mieux de me fourrer toutes mes tartines dans la bouche avant de dire des bêtises qui ne finiront pas réellement blesser Léon. Ce n’est pas ce que je veux, même si pour ma part, je me sens assez touchée par tout ça et que je n’arrive pas à expliquer pourquoi. Il finit par m’avouer que c’était une simple plaisanterie et je me sens encore plus idiote pour le coup. J’ai foncé tête baissée sans prendre le temps de bien analyser le ton de sa voix pour savoir justement si c’était dit sur le ton l’humour ou non. Je me suis braquée toute seule. Il rajoute qu’il sait que je ne suis pas comme ça et je me sens encore plus mal. Ma tête s’enfonce même un peu plus dans mes épaules, fixant un peu trop intensément ma cuillère pour ne pas devoir fixer Leon. Et le pire de tout, c’est qu’il finit par s’excuser ; ce mec est vraiment trop gentil, je peux vraiment être une horrible personne et j’ai rarement des remords comme j’en ai à l’instant. « C’est moi qui te demande pardon. » mes paroles sortent dans un murmure, pas très audible. On peut dire que j’ai du mal à reconnaître mes torts, ça me brûle la langue de le faire à l’instant. Je plante de nouveau mes pupilles sur lui. « Je ne pensais pas accorder autant d’importance à quelqu’un dans ce jeu. Ou même à quelqu’un tout court. » Oui, parce que c’est exactement la même chose à l’extérieur, je ne vis que pour moi-même et les personnes qui m’entourent sont souvent éphémères. Même mes proches sont souvent relégués au second plan face à ma carrière, me contentant d’envoyer de l’argent et de répondre au téléphone une fois sur dix. Dans ce jeu, c’est différent. Parce que même avec toute la volonté du monde, je n’arrive pas à éviter Leon. Pas parce que c’est impossible de l’éviter, mais vraiment parce que je ressens toujours un besoin d’être proche de lui, même pour quelques minutes. Et même si j’ai dû mal à parler de tout ça, je me dis qu’il peut être le seul à comprendre ce qui ne tourne pas rond chez moi. N’ai-je pas fait la promesse d’être toujours honnête ? « Le souci, c’est que t’es devenu quelqu’un d’important à mes yeux et ça ne m’est jamais arrivé. Je n’ai jamais eu besoin de personne auprès de moi … Jusqu’à maintenant. » Je ne fuis pas son regard, n’étant pas quelqu’un de lâche, mais je mets une énième tartine dans ma bouche pour ne pas devoir en dire plus. On peut voir ça comme une demi fuite.
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MessageSujet: Re: I write sins not tragedy. (lundi s4, 08h10)   I write sins not tragedy. (lundi s4, 08h10) EmptyLun 17 Déc - 20:23

Je ne réplique pas, un peu blessé à mon tour. Je ravale ma fierté, accuse dignement le coup, me contentant de l'observer. J'ai toujours été un pacifique. Le drama, ça me fatigue, ça ne m'amuse pas, et plus je peux m'en passer, mieux je me porte, ce qui ne fait probablement pas de moi le meilleur candidat de ce jeu. Mais même dans la vie de tous les jours, je m'efforce d'éviter la confrontation inutile autant que possible, parce que je suis un adepte du dialogue. ça implique aussi que j'ai horreur de laisser une situation s'envenimer en n'en parlant pas. Je suis pacifique mais pas du genre à faire l'autruche, parce que là où je deviens incapable de conserver mon calme, c'est lorsque l'on évite la discussion, justement. Lorsqu'on parle pas, lorsqu'on préfère se taire, tout garder pour soi, jusqu'au moment où on explose et qu'on ne peut plus rien rattraper. C'est un truc que j'ai depuis toujours, mon incapacité à ne pas parler de ce que je pense et de ce que j'ai sur le cœur. Je suis pas l'une de ces cocottes minutes qui ravalent, ravalent, ravalent puis pètent un bon coup. Pourtant, là, je ne trouve rien à dire. Rien parce que je sais que Karla se cache derrière un sarcasme défensif contre lequel je ne veux pas foncer tête baissée. Parce que c'est le genre à blinder encore plus quand on tente de forcer le passage. Et c'est là que je me rends compte que c'est important. Parce que Karla, elle dit toujours tout. Elle a pas de problème avec le fait de parler, de balancer la vérité, de mettre les gens face à ce qu'elle pense, elle a pas de problème avec ses choix, ses pensées, ses paroles, elle se fout un peu que ça passe mal et dans une réalité différente, face à quelqu'un d'autre, elle aurait probablement assumé pleinement et sans hésitation sa décision d'enchérir pour pouvoir changer de partenaire. Et bizarrement, ça suffit à me calmer. Sa façon de se retrancher derrière ses défenses à travers l'ironie et l'attaque pour ne pas me permettre de voir la vérité, ça suffit à me faire appréhender tout ça différemment. A la voir avec une affection infinie. A simplement lui expliquer, lui faire comprendre que je n'ai jamais douté d'elle, que c'est notre truc à nous, notre façon de communiquer, nos piques complices, que je cherchais. Alors quand je vois sa réaction, ça me brusque, ça me tue. Sans le vouloir, je l'ai faite ne pas oser me regarder. Karla. Ne pas oser me regarder. Et lorsque ses pupilles retrouvent le chemin des miennes, je me retrouve muet. Muet, le regard posé sur elle, captant chacun de ses mouvements, du plus infime au moins subtil, comme aimanté à son visage que je connais quasiment par cœur, à présent. Je me sens comme un con face à ses mots, mon cerveau arrive pas à traiter l'information et en même temps, j'ai peur qu'elle finisse par réellement aller trop loin sans le vouloir et mette en marche une machinerie émotionnelle inexorable et irréversible qui la dépasse et qui me dépasse aussi, à vrai dire. Mais c'est plus fort que moi, ses paroles me touchent plus qu'elles ne le devraient et m'animent plus encore parce qu'elles font écho à mille et une choses qui vadrouillent dans ma tête, dans mes tripes. Karla, c'est un peu mon petit trésor, ici. ça peut paraître exagéré mais ça l'est à peine. J'ai découvert plus que ce que j'imaginais, et encore plus que ce que j'espérais. Un match parfait en termes de jeu, de partenariat. Et le reste ? J'en sais rien. J'arrive pas à voir tout ça objectivement, parce mon quotidien, qui se résume pour l'instant à ce domaine, me parait juste dysfonctionnel sans elle, presque inexistant. « Est-ce vraiment un souci ? » je finis par souffler, avant de lui offrir un sourire bourré de certitudes, sans parvenir à lâcher son regard que je sens pourtant mal à l'aise. Et la portée de ses mots m’apparaît tandis que j'imagine sa vie sans proches. Sans attache, sans certitude autre que celle de sa propre existence. Et la voilà qui dérive sur ma petite île et se retrouve piégée avec moi. Karla, elle n'a jamais accepté d'accorder ne serait-ce qu'une infime partie de sa vie à quiconque. Elle a toujours vécu pour elle, elle a toujours avancé pour elle, et même lorsqu'elle s'occupait d'autres, elle avait toujours sa propre réalité en mains. Dans ce jeu, elle a été obligée de lâcher du leste. Son destin, son futur, à aussi court terme soit-il et aussi orienté pour un but spécifique soit-il, ne dépendait plus que d'elle uniquement. Brusquement, je sens que mon esprit tout entier ne tend plus qu'à l'épargner. La protéger tant que je le peux. L'assister dans ses pas, ses découvertes, ses rencontres, ses aventures, ses désillusions et ses triomphes. « Je serai là aussi longtemps que tu en auras besoin » je lui promets alors que pour moi, ça n'a même pas besoin d'être dit. Je sais pas, c'était comme un serment que j'avais fait il y a déjà plusieurs semaines, en jurant de toujours lui dire la vérité, de toujours être transparent avec elle. Avec cet engagement, j'avais plus ou moins scellé mon rôle. « Tu sais, tu es importante pour moi, Karla, plus que tu ne l'imagines, et j'ai besoin de toi. Mais le truc, c'est que j'aime t'avoir dans ma vie, alors tant que tu seras là, ça ne sera jamais un souci. » Je crois que la nouveauté l'inquiète, je crois que ne pas savoir comment réagir l'angoisse, mais moi, je n'ai pas peur une seconde.
 

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